Le Paysan Tarnais 22 janvier 2009 à 16h50 | Par A. Pousthomis

Céréales : une année pas comme les autres...

Le 15 janvier, quatre vingt dix d'agriculteurs et étudiants ont assisté à flamarens à la matinée sur la conduite des céréales et du colza organisée par les experts d'Arvalis et du Cetiom. Comment s’adapter aux retards de semis ?

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Une arrière-saison plutôt sèche, de bonnes conditions de semis sur des périodes plutôt larges, un hiver plutôt doux...Cela faisait plusieurs années que l'on s'y était habitué. Mais pour les semis de cet hiver, les conditions sont très différentes. Une pluviométrie très importante, des plages très courtes pour travailler, un froid vif...bref les semis n'auront pas été une partie de plaisir...et ils ne sont d'ailleurs pas finis. Globalement, on a pu constater trois plages de semis : les semis précoces autour du 20 octobre. Ceux, plus espacés de fin novembre, décembre quand les conditions le permettaient et enfin ceux de début janvier.
Evidemment, ces conditions climatiques et les dates de semis vont fortement influer sur la conduite à tenir en termes d'itinéraire cultural. Régis Hélias et Jean-Luc Verdier, les spécialistes d'Arvalis ont donc échangé avec les agriculteurs durant cette matinée sur possibilités d'adaptation des itinéraires.
Les évolutions techniques et réglementaires dans le domaine de la protection des cultures ont aussi été au cœur des débats.

Jusqu'à quand semer ?
Selon les ingénieurs d'Arvalis, les semis en blé tendre peuvent s'envisager jusqu'à fin janvier, et ceux en blé dur jusqu'à mi-février. Cela dit il faudra être très prudent sur les variétés choisies (avec bien sur des variétés plus alternatives), être conscient que les densités de semis devront être plus élevées et que le potentiel de rendement est par contre déjà largement entamé. Il y a donc une réflexion économique à tenir. Enfin, pour Arvalis, "mieux vaut attendre quelques jours pour semer dans de bonnes conditions que de vouloir passer en force..."

Oui, cette année il faut de l'azote au tallage
Dans le cadre de la maîtrise de la fertilisation azotée (plus que bienvenue cette année étant donné le coût de l'azote), 9 années sur 10, la méthode des bilans n'incite pas à l'apport d'azote au tallage, mais ce n'est pas le cas cette année...En effet, les rendements étaient plutôt bon l'an dernier et la pluie a contribué au lessivage de l'azote. Arvalis préconise donc dans beaucoup de situations un apport de 30 U au stade 3 feuilles pour les semis d'octobre (voir tableau ci-dessous). Pour la forme d'azote utilisée, R. Hélias rappelle "il ne faut pas avoir de scrupule à utiliser l'urée pour les apports précoces. Elle a la même efficacité que l'ammonitrate sans risque de volatilisation à ce stade et à un coût largement plus compétitif"

Une meilleure année sur le plan sanitaire ?
"On sait que le décalage des dates de semis a un effet positif sur le salissement de la parcelle, en particulier pour le ray-grass" a expliqué Jean-Luc verdier. En semis précoce, le potentiel de salissement est donc très important, par contre pour les semis tardifs on devrait avoir des conditions bien meilleures.
La folle avoine et le pâturin qui ont des périodes de levées étalées restent cependant à surveiller. "Par contre, on pourrait voir se développer sur semis tardifs des dicotylédones plutôt rares en céréales type renouée ou arroche...". Jean-luc verdier attire l'attention sur les conditions d'application : "la température et l'humidité ont des effets majeurs sur l'efficacité du traitement selon le type d'action. Attention en particulier aux températures trop basses pour les herbicides foliaires ou les hormones"

Côté maladies, après deux années de forte pression, on peut espérer que le froid et le retard de semis auront un effet positif, en particulier sur les maladies du pied et la fusariose du plateau de tallage (qui s'était fortement développée dans le sud-ouest).
Régis Hélias a donc présenté cinq stratégies de protection fongicide possible selon les situations dont une qui pourrait se contenter d'un seul passage au stade dernière feuille (il faudrait pour cela peu de risque de maladie du pied mais aussi de fusariose. C'est à évaluer en fonction du précédent, de la variété et de la météo). Mais comme toujours, ce sont les conditions météo du printemps et l'observation de chacun qui devront conduire les choix de stratégie. Evolution aussi dans les stratégies proposées par Arvalis en 2009 : L'introduction du prochloraze dans la lutte contre la septoriose, Régis Hélias a expliqué l'intérêt de cette ancienne matière active pour lutter contre les souches de septoriose résistantes aux triazoles. Il a ajouté qu'il ne fallait plus compter sur les strobilurine pour contrer cette maladie.

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