Le Paysan Tarnais 09 juin 2016 à 08h00 | Par A. Renault

FDSEA et JA invitent préfet, sous-préfet et sénateurs tarnais à l’heure de la traite

FDSEA et JA avaient invité le préfet du Tarn, le sous préfet de l’arrondissement de Castres et les sénateurs à venir partager le quotidien d’un éleveur laitier, Alain Puech, à Aiguefonde.

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Discussions entre les représentants de la FDSEA, JA, Alain Puech, éleveur laitier et le préfet, le sous-préfet et Philippe Bonnecarrère, sénateur. (© Le Paysan Tarnais) Les représentants de l’Etat et l’élu sont descendus dans la salle de traite. © Le Paysan Tarnais Echanges, dans la stabulation sur les conséquences de la crise actuelle pour les filières agricoles. © Le Paysan Tarnais

«Vis ma vie d’agriculteur » : tel était le mot d’ordre de cette action organisée par la FDSEA et JA du Tarn, chez Alain Puech et son frère Denis, installés en Gaec à Aiguefonde, dans le sud du département. Les deux syndicats avaient invité le préfet, Thierry Gentilhomme, le sous-préfet de Castres, Jean-Yves Chiaro et les sénateurs tarnais (Philippe Bonnecarrère était présent) à venir participer à la traite du troupeau de vaches laitières ce lundi soir. Cette action était organisée dans le cadre d’une journée de mobilisation nationale lancée par la FNSEA concernant les difficultés du monde agricole.

Quelles solutions ?

Alain Puech a tout d’abord présenté son exploitation et les conséquences de baisse du prix du lait sur son activité. «Cela représente 25 000 euros de chiffres d’affaires en moins sur une année.» Une perte importante pour le Gaec qui doit chercher des moyens pour éponger cette perte liée à un prix du lait en baisse. Première solution, celle de diminuer le revenu dégagé par les associés. «Ce n’est bien évidemment pas possible de couvrir cette baisse de cette manière. Ce n’est pas tenable pour eux et de toute façon ce ne serait même pas suffisant… » explique Philippe Jougla, le président de la FDSEA, présent sur place. Autre solution envisagée, rogner sur tous les postes de charges et donc revoir à la baisse les investissements, l’alimentation… Un choix difficile qui se concrétiserait automatiquement par une baisse de la productivité et par des résultats techniques moin-dres. Alain Puech réfléchit également à des stratégies de diversification. Mais cela ne peut pas se faire à court terme et demande des capacités d’investissements difficiles à mettre en œuvre dans la situation actuelle. Bref, à l’image de ce Gaec, le préfet, le sous-préfet et le sénateur Philippe Bonnecarrère ont pu prendre la pleine conscience de la situation complexe de l’élevage laitier, mais au-delà de toutes les filières d’élevage, qui subissent depuis plusieurs mois, la pression des marchés et des baisses de prix. «Le tout associé à des contraintes réglementaires et environnementales qui ne cessent de peser sur les exploitations» ajoute Jean-Claude Huc, le président de la Chambre d’agriculture.

De nombreuses questions

Philippe Bonnecarrère a posé de nombreuses questions à Alain Puech et aux représentants de la FDSEA et des JA présents à cette visite, sur les raisons profondes qui expliquent les différences entre la France et ses voisins européens. Les questions de la régulation de la production laitière au niveau européen, mais aussi de l’allègement de l’embargo russe ont été abordées. Quant à une meilleure adaptation des produits à la demande des consommateurs, les agriculteurs tarnais n’ont pas attendu pour s’y employer. Mais ces démarches de diversification ou de réorientation de la production prennent du temps et doivent être soutenues pour qu’elles aboutissent à un résultat.

Débat sur les néonicotinoïdes

La situation des filières végétales a également été longuement abordée, d’une part avec des marchés céréaliers en berne et qui ne cessent de se dégrader, mais aussi en ce qui concerne les débats actuels autour de l’interdiction des néonicotinoïdes. «Comment expliquer à l’agriculteur qu’il n’aura plus de solutions pour protéger ses cultures des maladies ou des ravageurs et qu’il faudra attendre peut-être plusieurs années pour trouver des solution ?» questionne Jean-Claude Huc. «Cela touche les céréaliers mais aussi les éleveurs. Si Alain Puech ne peut pas cultiver du maïs, qui lui sert à nourrir, pour partie, son troupeau, que mangeront les vaches ? Il restera l’herbe bien sûr, mais pour avoir assez de ressources fourragères, cela supposera d’avoir plus de surfaces...»

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A.RENAULT




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