Le Paysan Tarnais 03 février 2016 à 08h00 | Par S. Lenoble

Dossier sol : «En travail simplifié, il n’y a pas qu’une seule vérité !»

Jean-Paul Avizou est éleveur ovin viande à Saint-Genest-de-Contest, sur 95 ha de SAU. Souhaitant rétablir le potentiel de ses sols, il expérimente différents itinéraires pour s’affranchir au mieux du labour. Une recherche passionnante.

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«Mon objectif reste l’autonomie alimentaire. J’aimerais arriver à ne plus acheter d’aliment du tout. Cette année, je vais essayer de fabriquer un mash pour les agneaux !»
«Mon objectif reste l’autonomie alimentaire. J’aimerais arriver à ne plus acheter d’aliment du tout. Cette année, je vais essayer de fabriquer un mash pour les agneaux !» - © Le Paysan Tarnais

Jean-Paul Avizou est moutonnier à Saint-Genest-de-Contest. Ses 95 ha de SAU sont consacrés en priorité à l’alimentation des 400 brebis, agneaux et agnelles de renouvellement. Une quarantaine d’hectares de colza, de blé et un peu d’orge sont destinés à la vente. «Mon objectif reste l’autonomie alimentaire. J’aimerais arriver à ne plus acheter d’aliment du tout. Cette année, je vais essayer de fabriquer un mash pour les agneaux !» Oui, mais voila. Depuis plusieurs années, l’éleveur s’interroge. «Les rendements ne font qu’en diminuant, même quand on augmente les quantités d’intrants… J’ai commencé à discuter, à faire des recherches… J’ai tout de suite identifié le sol comme la clé de ces problèmes. J’ai tout de suite voulu arrêter le labour.»

Rapidement, Jean-Paul Avizou s’intéresse au strip-till. Il s’agit d’une technique de travail du sol localisé adaptée à toutes les cultures semées en ligne : maïs, tournesol, colza, soja… Le principe est simple : seul le futur rang de semis est travaillé sur 10 à 25 cm de large et 5 à 30 cm de profondeur. En laissant les résidus en surface dans l’interrang, on conserve les avantages du semis direct (non perturbation du sol, conservation de l’humidité, réduction des levées adventices). «Comme pour beaucoup de monde, ma plus grande difficulté, c’est d’arriver à implanter au printemps dans des sols argilo-calcaires sans avoir labouré à l’automne. Cet outil de préparation du sol répondait à mes attentes.»

Le couvert, clé du système

Jean-Paul Avizou se lance et décide donc d’acheter un outil de strip-till. Le premier essai du matériel, sur 5 / 6 hectares, au printemps 2012, ne s’est pas avéré concluant. Mais l’agriculteur ne baisse pas les bras. 4 campagnes plus tard, il a trouvé un itinéraire technique qui fonctionne bien et qu’il applique sur une quarantaine d’hectares chaque année. «Après la moisson de la céréale, la paille est broyé et j’épands du fumier. Cela fait un mulch en surface. Dans la foulée, je passe un cultivateur avec un double-rouleau.» En août, Jean-Paul Avizou implante une interculture. «Le dernier mélange que j’ai fait cette année, c’était de la féverole, de la phacélie, du fenugrec, du radis chinois, du mélilot, du sarrasin et du lin. Pour moi, un vrai couvert végétal, c’est la clé pour réussir un travail simplifié du sol. L’idée, c’est de faire faire au végétal tout le travail du métal. Après l’hiver, juste avant le semis, je détruis le couvert au rouleau faca. Je passe le strip-till juste derrière. J’attends un peu avant de semer : j’aime bien que ça ressuie un peu.»

Un des avantages du strip-till est également de pouvoir apporter une fertilisation localisée. Jean-Paul Avizou s’essaie à la pratique depuis peu. «J’utilise de l’engrais solide, des granulés d’azote avec retardateur de nitrification, ce qui permet de libérer l’azote sur plusieurs semaines. Je fais un premier apport au passage du strip-till et un autre au semis. L’année dernière, j’ai fait un essai sur maïs, avec plusieurs doses de 100 à 160 unités. Et les différences n’ont pas été flagrantes. Je pense qu’on peut vraiment arriver à réduire les apports.» Cela fait deux campagnes que l’agriculteur expérimente le semis direct. «J’ai la chance d’avoir de bons outils dans les Cuma du secteur. Au total cette année, j’ai implanté 14 ha de blé et de vesce / avoine en direct. Cela a bien marché. Aujourd’hui, il faut que j’arrive à aller observer mes parcelles plus régulièrement afin d’être plus réactif. Je me penche aussi sur la réduction de doses de produits phytosanitaires. Tout va ensemble en fait ! C’est vraiment une approche globale, basée sur l’agronomie. Ce n’est pas toujours simple à mettre en œuvre, mais c’est passionnant !»

S. LENOBLE

Une nouvelle carte des sols vient de parâitre, retrouvez-la dans notre dossier de cette semaine.





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