Le Paysan Tarnais 20 octobre 2016 à 08h00 | Par A. Renault avec V. Viguès (CA81)

Equipement high-tech : le drone permet de gagner en temps et en précision

Les propositions d’usage des drones sont nombreuses : cartographie des parcelles de vigne, mesures, caractérisation en terme de vigueur, de statut azoté (NvDI), détection de maladies… Exemple avec la flavescence.

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L’utilisation des drones en viticulture peut avoir des objectifs multiples tels que la cartographie des parcelles de vigne, la mesure des surfaces, le dénombrement des pieds manquants, l'évaluation de la surface foliaire, la caractérisation des parcelles en termes de vigueur, de statut azoté (NDVI), la détection de maladies... Dans tous ces cas, le but de l'utilisation des drones est d'éviter le passage à pied de personnes et donc de gagner du temps. Par rapport à l'utilisation d'image satellite, l'objectif premier est d'avoir des images plus précises et d'avoir une liberté plus grande concernant les dates de prises de vue.

Avantages et inconvénients

En effet, par rapport au satellite, le drone permet d'obtenir des images avec une résolution centimétrique et une résolution temporelle plus fine et plus souple. En effet, un satellite n’est pas forcément toujours placé dans la bonne direction pour fournir des images. Et le drone, contrairement au satellite, n’est pas dé-pendant de la couverture nuageuse. Selon la précision sou- haitée, le pilote du drone a la possibilité de voler entre 5 et 150m.

La problématique principale de l’usage du drone consiste dans son autonomie, avec en moyen-ne un maximum de 30 minutes de vol par batterie. Il faut donc prévoir plusieurs batteries car leur rechargement est souvent trop long pour être effectué sur place.

Autre difficulté du drone, l’impossibilité de voler par vent significatif. Suivant les modèles, la limite est de 30 km/h ou de 50 km/h. Parfois moins. Il est aussi impossible de voler par temps de pluie, les drones et la technologie qu’ils embarquent (moteurs et capteurs) ne sont pas étanches.

Il faut savoir que le vol de drone est encadré par l'arrêté du 11 avril 2012 relatif à l'utilisation des aéronefs civils qui circulent sans personne à bord. Quelques exemples : pas de vol au dessus de 50 mètres ou seulement pour les drones de moins de 2 kg avec dérogation de l'aviation civile. Il faut aussi des demandes d'autorisation de vol obligatoires dans certains secteurs. Pour un vol de drone, la présence de 2 personnes est obligatoire dont un avec un brevet de pilote.

Exemple avec la flavescence dorée

Des expérimentations sont me-nées pour utiliser la technologie des drones pour la prospection de la flavescence dorée sur les vignes. Leur usage permet un gain de temps par rapport à la prospection à pied. Par exemple, des tests menés en Charente montrent qu’un drone peu couvrir 80 ha en 30 minutes à 150 m de hauteur et 500 ha en une journée ! En Rhône Alpes, une expérimentation a permis de relever une couverture de 100 ha à 40 mètres de haut en 1h52 et 100 ha à 5 mètres de hauteur en 7h20. Pour comparaison en quad, il faut compter 50 ha en 7 à 8h dans des configurations optimales. Alors à pied… Autre avantage du drone, la localisation précise des pieds, permise par la cartographie enregistrée par le capteur.

Mais il reste encore des inconvénients pour la détection de la flavescence dorée. Les images ne donnent accès qu'à un seul des trois symptômes de la flavescence dorée et la différenciation flavescence dorée ou autre rougissement n'est pas encore au point. Les études portent sur la longueur d'onde adaptée à la détection de la flavescence par cépage. S'il s'avère que plusieurs longueurs d'onde sont nécessaires, plusieurs survols des mêmes parcelles devront être effectués. L’analyse des images par les sociétés demandent parfois plusieurs mois et ne permettent donc pas une gestion efficace de la problématique. Les données images sont très lourdes (jusqu’à 5 Go de données pour un hectare survolé dans certains cas). L'analyse d'images est ardue car l'ima-ge issue d’un drone est très précise et cette précision introduit «du bruit» sur certaines surfaces (par exemple, du sol nu est «bruité» par définition mais une résolution spatiale grossière va atténuer ce bruit). Des recher-ches sur des traitements d'images pour atténuer le bruit induit par la résolution spatiale très fine sont en train d’être conduites, notamment, dans le Tarn, avec l'école d’ingénieurs de Purpan, Terranis et DelAirTech. A noter aussi, une hétérogénéité entre les prestataires que ce soit en termes de drone, de matériel de prise de vue, d'avancement dans l'analyse des images et très vraisemblablement dans le prix des prestations.

Le coût de ces prestations est une donnée difficile à obtenir. Il est dépendant de la hauteur de vol, plus on vole bas, plus la donnée est précise mais plus le temps de vol pour une même surface est long donc plus la prestation est chère.

A.R avec V.VIGUES (CA81)

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Retrouvez l'intégralité du dossier consacré aux drones dans l'édition en ligne

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