Le Paysan Tarnais 27 juillet 2017 à 08h00 | Par A. Renault

Le pâturage au cœur du système de conduite des brebis laitières au Gaec de l’Abeillé

Jean-Marie Pujol est associé avec son frère au sein d’un Gaec avec un troupeau ovin lait à Roumégoux. Il nous présente l’exploitation, son organisation et l’arrivée d’un nouvel associé dans le cadre d’un Cefi. Témoignage.

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Le Gaec de l’Abeillé est installé sur une SAU de 104 hectares avec un troupeau de 700 brebis dont 450 à la traite et le reste en production ovin viande (agneau label).

«Nous privilégions l’herbe avec un pâturage qui début dès que les agneaux sont partis, explique Jean Pujol, associé avec son frère et un nouvel associé qui intègre l’exploitation en Cefi. Nous avons des terres qui sèchent rapidement et il est difficile d’avoir du stock fourrager pour garder les animaux à l’intérieur trop longtemps. Le pâturage est donc au cœur de notre système d’exploitation.»

L’exploitation est composée de 50% de prairie naturelle, de 15 hectares de céréales qui sont autoconsommées (principalement de l’orge, adaptée aux brebis et qui permet d’avoir une paille de bonne qualité) et de 15 hectares de RGI «pour assurer un pâturage de bonne heure. La déprime s’étale jusqu’au 15 avril. Ensuite, les brebis pâturent les prairies naturelles et nous faisons une première coupe sur les RGI au 20 mai.»

Un système gourmand en azote

L’inconvénient des surfaces fourragères sur l’exploitation, c’est la quasi omniprésence des graminées. «Nous n’avons pas beaucoup de légumineuses. Nous avons essayé d’en intégrer mais le résultat n’a pas été bon.» Autre inconvénient du système, les prairies demandent un apport d’azote plus important et il est impératif de compléter les rations hivernales avec du tourteau et de la luzerne déshydratée (environ 12 tonnes de tourteau et 10 tonnes de luzerne déshydratée sont utilisées chaque année).

180 brebis sont inséminées pour assurer le renouvellement. L’agnelage est tardif, autour du 1er janvier. «On commence ainsi la traite au moment où le lait d’hiver est pénalisé car nous avons peu de brebis à la traite en février-mars. Ensuite, nous augmentons pour arriver à 400 brebis à la traite début avril. L’arrêt de la traite est réalisé à la mi-août, juste avant les inséminations.» En dehors des 180 brebis en IA, le reste du troupeau est en lutte naturelle avec sept béliers en race Lacaune.

Des progrès à faire sur la qualité

Jean Pujol le reconnait. «Nous avons besoin de progresser, dans notre système sur la qualité du lait. Des essais ont été menés avec l’intégration du tourteau de tournesol dans la ration. Le résultat est positif avec 10 points de matière grasse en plus et trois ou quatre points de matière protéique gagnés. Il faut pouvoir produire le tournesol sur l’exploitation car sinon cela revient cher.» L’exploitation produit une moyenne de 220litres de lait par brebis et par campagne. «Nous ne cherchons pas la quantité.»

Le suivi technique apporté par le service ovin lait de la Maison de l’élevage est primordial pour les associés du Gaec qui sont en schéma de sélection Ovitest depuis 1975. «Le technicien vient 6 à 7 fois par an et nous apporte des informations et du conseil. Il réalise le contrôle de performance, les contrôles laitiers, nous conseille sur les rations, et réalise les bilans techniques et économiques. Il trie les brebis qui partent à la lutte naturelle et réalise le relevé d’agnelage. C’est un soutien important pour nous» constate Jean-Marie Pujol.

L’importance de bien gérer le pâturage

L’organisation du pâturage permet de tourner régulièrement. «Mais les brebis ne nettoient pas complètement les parcelles. Il est essentiel de toujours avec de l’herbe propre et à bonne hauteur. Le fait de tourner permet de gérer la hauteur de l’herbe et, une fois les brebis parties dans une autre parcelle de la nettoyer.»

Pour Jean Pujol, le plus important est d’avoir des coupes d’herbe faciles à sécher et de pouvoir remettre les brebis assez tôt après la fauche. L’exploitation ne fait donc que des premières coupes pour favoriser la reprise du pâturage.

A. RENAULT


Retrouvez l'intégralité de l'article et des résultats technico-économiques 2016 en ovin lait dans l'édition en ligne

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