Le Paysan Tarnais 22 juin 2017 à 08h00 | Par A. Renault

Bien régler sa moissonneuse-batteuse, un élément clé pour la récolte

Patrick Marignol, agriculteur et entrepreneur de travaux près de Lavaur nous explique les points clés à ne pas oublier pour assurer une récolte de qualité : réglages de la machine et entretien… Avant de démarrer la moissonneuse !

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© Le Paysan Tarnais

Patrick Marignol, agriculteur et entrepreneur de travaux agricoles à Lavaur apporte un soin particulier à l’entretien et au réglage de la moissonneuse. Nous l’avons rencontré au pied d’une de ses deux machines, une Laverda M304LS, âgée de 6 ans et achetée d’occasion il y a trois ans. Elle cumule aujourd’hui 3100 heures et moissonne en moyenne 450 hectares par an. «Nous avons deux moissonneuses, en général, une dite «de tête» achetée neuve et que nous renouvelons régulièrement, et une autre, celle sur laquelle nous nous penchons aujourd’hui» explique l’entrepreneur. «Il y a deux gran-des étapes, le remisage puis l’entretien réalisé en hiver. Les deux étapes ont une grande importance. Le remisage après les moissons doit être fait dans les meilleures conditions possibles pour éviter les dégâts liés aux rongeurs ou à un mauvais nettoyage. L’entretien est une étape incontournable. Sur cette machine, cet hiver, nous avons effectué autour de 150 heu-res de travail de maintenance et de réparation.»

1. L’hivernage

Avant de rentrer la moissonneuse pour l’hiver à l’abri, il est primordial de faire un nettoyage très minutieux de la machine : soufflage complet des éléments de coupe et de l’intérieur de la machine, graissage des chaines et des roulements… Objectif : éviter que des rongeurs ne trouvent dans la moissonneuse un garde-manger et ne fasse des dégâts sur les circuits électriques ou tout autre partie de la machine. Patrick Rossignol conseille également de laisser ouvert toutes les trappes, l’élévateur du grain, la trappe de vidange de la trémie, la cabine «pour éviter toute possibilité pour les rongeurs de s’installer». Dans l’idéal, il est aussi conseillé de démarrer régulièrement la moissonneuse en hiver. Patrick Rossignol essaie de le faire une fois par semaine.

2. La révision hivernage

L’entrepreneur réalise une révision à partir du mois de février. Il commence à relâcher l’ensemble des courroies et des tendeurs pour permettre de faire tourner librement les roulements. Dès qu’il sent un frottement, il change le roulement. Cette année, toutes les chaînes et pignons ont été changées également, ainsi que l’élévateur de grain.

• batteur et contre-batteur

Les battes du batteur sont changées, le contre-batteur est déposé, contrôlé et remis à neuf si besoin. Cette année, le convoyeur a également été remis à neuf ;

• la coupe

Sur le rouleau, les noix et les doigts cassés sont changés. La lame est contrôlée et les sections abimées sont remplacées. A noter que sur la coupe, une révision est également réalisée pendant la récolte, après la récolte des pois ou des protéagineux en général, dont la coupe est plus difficile et peut entraîner des dégâts sur les sections ou le rouleau ;

• le broyeur

Patrick Marignol vérifie le broyeur. Il démonte, aiguise, pèse et équilibre les couteaux, ceci pour éviter les vibrations de la machine et améliorer son efficacité ;

• les courroies

Toutes les courroies qui ont une marque ou un défaut sont changées pendant la révision ;

• vidanges

Le moteur, la boîte, le réducteur hydraulique… tout est vidangé. Une vidange du moteur est aussi réalisée en milieu de campagne.

3. Les réglages de récolte

Moissonneuse bien hivernée, bien révisée, prête à entrer en action… Reste les questions de réglage avant de rentrer dans la parcelle. Elément important, l’alignement du contre-batteur par rapport au batteur. La Laverda de Patrick Rossignol possède des repères en cabine qui sont fidèles à la réalité. Les machines sont également maintenant équipées de capteurs potentiomètres. Il est important de définir le point «0» avant de commencer.

Le réglage de base pour Patrick Rossignol, pour une récolte de blé : 12 mm à l’avant du contre-batteur, 3 mm à l’arrière, une vitesse de 900 tours pour le contre-batteur et pour la ventilation. Plus le grain est sec et plus le risque de le casser est élevé. Il faut alors écarter le contre-batteur et réduire la vitesse de rotation. Ces éléments doivent être adaptées aux situations et aux résultats d’analyses de la récolte.

Le coup de chaleur de cette fin de campagne pourrait rendre le réglage de la machine plus compliqué, justement car les épis seront plus difficiles à ouvrir et le grain plus cassant.

A. RENAULT

 

Retrouvez l'intégralité du dossier consacré aux moissonneuses-batteuses dans l'édition en ligne

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