Le Paysan Tarnais 31 janvier 2019 à 08h00 | Par D. Monnery

Nicole Assier, la passion de la génétique limousine

À Lédas-et-Penthiès, Nicole Assier est passionnée de génétique et de son troupeau de Limousines. Elle monte ainsi sur la troisième marche du podium du challenge des sabots.

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- © Le Paysan Tarnais

Passionnée ! Bien qu’arrivée à l’âge où on «serre la soixantaine», Nicole Assier continue de parler avec exaltation de son troupeau de limousines où chaque veau «est attendu comme le petit Jésus». Sa troisième place au challenge 2018 des sabots du Tarn organisé par le service bovins croissance de la Maison de l’élevage vient saluer son travail. Un très bon résultat que l’éleveuse éprise de génétique doit notamment à un faible taux de mortalité (le plus faible de la catégorie), et à un très bon index de valeur maternelle (le meilleur du palmarès).

Installée sur 92 ha SAU aux confins du Tarn et de l’Aveyron, à Lédas-et-Penthiès (avec un tiers de la surface à Valence-d’Albi), Nicole Assier préfère «la qualité à la quantité» pour son troupeau labellisé en Veau d’Aveyron et du Ségala. «Je vais quand même augmenter progressivement le nombre de vêlages jusqu’à 50 par an. Mais je n’irai pas plus loin car j’ai envie de pouvoir rester autonome du point de vue alimentaire et de pouvoir conduire mon troupeau comme je le veux, en connaissant le nom de toutes mes bêtes. Et puis je dois aussi pouvoir m’occuper du troupeau de 400 brebis que j’ai à côté.»

Cet atelier ovin viande, en label rouge lui aussi, l’oblige d’ailleurs à mener des vêlages regroupés d’août à novembre pour des questions de disponibilité. En fin d’été et à l’automne donc, dans les prairies à vue autour de son habitation, les vaches vêlent toutes dehors. «Il y a moins de microbisme qu’à l’intérieur du bâtiment», apprécie l’éleveuse. Et les qualités génétiques de ses vaches, avec un bon bassin et du lait, leur permettent de vêler toutes seules, sans intervention humaine. «L’été je rentre quand même les mères et leurs veaux pour les mettre à l’abri de la chaleur si nécessaire», commente-t-elle.

Pour l’alimentation de son troupeau, Nicole Assier cultive 5 ha de maïs irrigué à l’aide d’un lac de 60 000 m3, et 5 ha d’orge. Le matériel, à l’exception de la presse à foin, est celui de la Cuma de Ledergues (12). «Cela permet d’avoir de bons équipements de manière simple et peu coûteuse, même si cela demande de l’anticipation pour en disposer quand on veut», analyse-t-elle.

Sans cornes

Nicole Assier souhaite désormais faire prendre une orientation sans cornes à son troupeau. «C’est pénible d’écorner les veaux et vraiment pas agréable pour eux», commente-t-elle avec le souci du bien-être animal. Elle a donc conduit une demi-douzaine d’inséminations en ce sens cette année avec des semences d’Idalgo. Ce taureau sans cornes homozygote, «très qualiteux», apporte du développement musculaire et de bonnes valeurs maternelles. De quoi satisfaire les attentes de Nicole Assier en matière de génétique. Sa passion la conduit d’ailleurs souvent dans les concours où son travail est régulièrement récompensé aux niveaux départemental, régional et même national.

Pas pressée de prendre sa retraite, «si la santé le permet», Nicole Assier réfléchit activement à l’installation de sa fille Anaïs sur l’exploitation. La jeune fille motivée est prête à arriver avec de nombreuses idées en tête. Quelques évolutions seraient alors nécessaires pour dégager davantage de valeur. Un atelier de vente directe est par exemple une des pistes en réflexion. À suivre…

D. MONNERY

 

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