Le Paysan Tarnais 19 avril 2018 à 08h00 | Par D. Monnery

«Nous sommes en prise directe avec l'apprenti»

Au Gaec de la Clarié, à Castelnau-de-Lévis, les frères Pépin accueillent depuis 9 mois Joris, un apprenti de 16 ans. Ils nous parlent de leur vision respective de cette relation.

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- © Le Paysan Tarnais

Au Gaec de la Clarié, dans la famille Pépin, accueillir des jeunes, on connait. «Cela fait très longtemps qu’on reçoit des jeunes stagiaires mais, jusque là, c’était sur des périodes courtes. La difficulté des stagiaires, c’est que cela demande beaucoup de temps et qu’ils sont là seulement quelques jours ou quelques semaines. C’est enrichissant c’est vrai, mais accueillir un apprenti, c’est différent» Hervé Pépin, associé avec son frère, n’avaient pas forcément pensé à accueillir un apprenti. Et puis Joris Cathala est venu en stage chez eux. «Moi, je ne savais pas vraiment vers quoi je me destinais. J’ai fait des stages de découverte en mécanique, puis en agriculture dans plusieurs exploitations dont ici. J’ai bien aimé.» Joris part ensuite en MFR dans le Tarn-et-Garonne. Puis il revient à la rencontre des frères Pépin pour leur demander s’ils accepteraient de le prendre comme apprenti. «Au début on lui a dit d’aller voir dans d’autres exploitations, c’est toujours intéressant de voir d’autres façons de travailler. Mais il est revenu !» se souvient Hervé Pépin en riant. Les deux frères sont séduits par l’idée. C’est Vincent, le frère d’Hervé qui se lance dans la procédure administrative avec le CFAAH d’Albi-Fonlabour. Fin août 2017, le jeune homme intègre donc l’exploitation comme apprenti. «On est vraiment content aujourd’hui, constate Hervé. Joris a pris de l’autonomie et de la confiance en lui. Il est devenu autonome sur beaucoup de travaux comme la conduite du tracteur, le travail dans la stabulation pour sortir le fumier, le paillage…» Bien entendu cela a pris du temps. «Au début, cela a commencé par une période d’observation. Puis Joris a commencé à effectué des travaux avec nous. Ensuite seul. Il a appris les techniques et même si il met plus de temps que nous, aujourd’hui, il se débrouille bien !»

TRANSMETTRE LE SAVOIR

Ce qui plait à Hervé et Vincent Pépin dans le fait d’avoir un apprenti ? «D’abord on transmet notre savoir et le métier. C’est la base et c’est très important. Même si Joris a des grands-parents agriculteurs, il n’est pas issu du monde agricole. C’est aussi un élément important pour nous de le faire évoluer dans le métier.» Autre élément intéressant pour Hervé Pépin, l’aspect main d’œuvre. «On se débrouillait très bien sans Joris. Mais maintenant qu’il est là comme apprenti et qu’il devient autonome, cela fait de la main d’œuvre en plus et c’est appréciable.» Quelques points sur lesquels le maître d’apprentissage insiste : «Il ne faut pas espérer de gain économique. C’est vraiment une démarche de formation d’un jeune. Il faut aussi savoir que nous n’avons pas la main sur le calendrier du CFA qui précise les périodes en entreprise.»

De son côté, Joris semble comblé. «Ça me plait. Je suis content car je deviens autonome et je progresse. Je fais tout, depuis le travail du sol, en passant par l’alimentation du troupeau, ou le travail en bâtiment…» Le jeune homme, passionné de machinisme s’est même acheté un petit tracteur ancien qu’il rénove. Il commence aussi à réfléchir à l’installation. «Ça me plairait bien mais il reste encore du chemin !» La voie de l’apprentissage, il l’espère, lui permettra de concrétiser ce projet.

A. RENAULT


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