Le Paysan Tarnais 14 octobre 2014 à 08h00 | Par S. Lenoble

Ovins lait : bien cadrer les mises à la lutte pour moins de travail

Au Gaec d’Abillac, le soin apporté à la conduite du troupeau est une priorité. Afin d’améliorer encore leurs résultats technico-économiques et de se simplifier le travail, les éleveurs viennent de faire évoluer leur système.

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Serge, Thierry et Dimitri Villeneuve, les trois associés du Gaec d’Abillac, à Villefranche-d’Albigeois.
Serge, Thierry et Dimitri Villeneuve, les trois associés du Gaec d’Abillac, à Villefranche-d’Albigeois. - © Le Paysan Tarnais

 

Depuis cet été, les trois associés du Gaec d’Abillac à Villefranche-d’Albigeois ont modifié leur conduite d’élevage. Fin juillet, ils ont fait échographier tout le troupeau. L’objectif ? Trier les brebis et agnelles vides et commencer à préparer la mise bas seulement pour les pleines. «En procédant comme ça, on n’a que des agnelages très groupés. Derrière, c’est beaucoup de simplification : le niveau de lactation est le-même, la ration et les interventions sur le troupeau aussi ! Il n’y a pas de décalage, aucune brebis n’est pénalisée et pour nous, c’est un vrai confort de travail. Et puis, au 15 décembre, il n’y a plus d’agneau dans la bergerie ! C’est important faire le vide sanitaire au niveau des agneaux.»

 

Serge, Thierry et Dimitri Villeneuve, les trois associés du Gaec d’Abillac, gèrent en fait deux agnelages :

- le premier lot met bas à la mi-octobre. Ce sont les adultes, qui ont été inséminées et remplies au 20 mai. Elles sont environ 250 ;

- l’autre lot agnèle 15 jours après. Il est composé de 150 agnelles, qui sont mises à l’IA au 6 juin, et des retours des adultes, une trentaine qui ont été mises au bélier 10 jour après IA.

Au final, une moyenne de 420 brebis sont traites chaque année.

 

En tout début juin, ce sont 250 agnelles qui sont inséminées. Chaque année, la centaine qui ne sert pas au renouvellement sera vendue pour l’élevage. Tout comme les retardataires des adultes identifiées à l’échographie de la fin juillet. Elles sont remises à la lutte fin juillet / début août. «Une semaine après, on met les béliers jusqu’à mi-janvier environ, date à laquelle on repasse le lot à l’échographie. Ces brebis et agnelles, vides ou pleines, sont vendues à d’autres éleveurs. Aujourd’hui, avec 420 brebis nous produisons aisément notre quota. Nous n’avons pas besoin de garder plus d’animaux pour produire du lait moins bien valorisé.»

 

Point remarquable sur cet élevage : une mortalité très faible. Les agnelages sont suivis de près au Gaec d’Abillac ! «On est présents 24h sur 24 pendant les 8 premiers jours. Toutes les doubles sont placées en case individuelle. Pour les simples, on fait des petits lots de 4 / 5 brebis. Juste avant le début des agnelages, nous vendons les 100 agnelles pour l’élevage. Comme ça, on est sûr d’avoir suffisamment de place pour gérer sereinement les mises bas.»

 

Une bonne maîtrise du coût alimentaire grâce à l’autonomie fourragère

Une autre particularité du système des Villeneuve est l’alimentation du troupeau. «Nous avons toujours fonctionné comme ça. Au début, ça correspondait à nos bâtiments, parce que nous avions des petites étables un peu partout. En 1994, nous avons construit une bergerie mais nous n’avons pas changé de système pour autant. Avec les balles carrées, affourager les brebis prend environ 15 minutes ! Comme nous avons encore pas mal de main d’œuvre sur l’exploitation, nous ne faisons que des fourrages secs, séchés au sol. Nous sommes équipés en conséquence, avec beaucoup de matériels de fenaison en double : il faut pouvoir être très réactif pour arriver à passer dans les fenêtres météo des fois très courtes. Nous n’hésitons pas à mettre 40 ha de foin par terre si besoin !» Tout le fourrage utilisé est produit sur l’exploitation.




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