Le Paysan Tarnais 06 avril 2016 à 08h00 | Par Corr. Y. Tayac

Quand les sols ne sont pas portants, ils fertilisent avec une dameuse à neige !

Laurent Viatge, à Lisle-sur-Tarn, a trouvé une solution originale pour éviter de marquer les sols lors des premiers apports d'azote. Explications.

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Il y a 3 ans, la SAS du Lacas a investi dans une dameuse à neige pour effectuer les premiers épandages d'engrais.
Il y a 3 ans, la SAS du Lacas a investi dans une dameuse à neige pour effectuer les premiers épandages d'engrais. - © Y. Tayac

Il y a 3 ans, la SAS du Lacas, située à Lapeyrière à Lisle-sur- Tarn et dirigée par Laurent Viatge, a investi dans une dameuse à neige pour effectuer les premiers épandages d'engrais. L'investissement a été de 45 000 EUR avec un amortissement prévu sur 7 ans.

Elles sont autant pour les besoins du Gaec du Lacas, élevage de volailles, dirigé également par Laurent Viatge, que pour d'autres exploitations faisant appel à ce service.

A la fin de l'hiver, les terrains sont souvent impraticables avec des tracteurs, qui sont lourds et qui risquent de créer des ornières, défavorables pour la suite des travaux dans les champs. Si l'apport d'azote n'est pas fait au bon moment, le rendement peut en être diminué.

«C'est une alternative très efficace, avec une meilleure portance au sol grâce aux chenilles qui permettent de répartir la charge, on traite même si les sols ne le permettent pas avec un tracteur» explique Dorian Bretou, salarié et conducteur de cette machine au sein de l'entreprise.

Dorian Bretou détaille «c'est du solide, une Kässbohrer Pisten Bully 200 avec un moteur Mercedes de 280 chevaux, fabriquée en 2000. Achetée d'occasion, elle comptabilise à ce jour 6 800 heures de travail. On l'équipe d'un épandeur à engrais Vicon RO-EDW, à pesée automatique, c'est un très bon compromis».

Cet épandeur a un chargement maximal de 3,9 t. mais avec la dameuse «on ne met que 2 sacs, soit 1,2 t d'engrais, car le but est de passer léger pour marquer le moins possible» ajoute Dorian Bretou.

«La première année d'utilisation, très pluvieuse, nous avons traité 1 400 à 1 500 ha, pour les besoins du Gaec et des exploitations externes, dont le besoin d'épandre l'engrais se faisait urgent mais qui n'était pas faisable en tracteur».

La raison d'un tel investissement

Pourtant, «on cherchait une solution pour éviter de marquer les sols quand ces derniers n'étaient pas portants, afin d'effectuer les apports en azote en temps voulu et on savait que Ludovic Miramon, vendeur et réparateur de matériel agricole situé par très loin à Vaïssac (82), commercialisait ce type d'engin et donc nous avons fait affaire», affirme Laurent Viatge. Il précise aussi que l'usage de la da-meuse permet de pallier aux nouvelles directives des zones vulnérables, n'autorisant pas l'épandage en hiver. «Après le 15 janvier, on ne se pose plus la question on prend la dameuse pour épandre l'engrais, on gagne du temps et on s'y retrouve sur les rendements», résume Laurent Viatge.

Corr. Y. TAYAC

 

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Les aménagements et modifications apportés à la dameuse pour les travaux agricoles

II est évident qu'il a fallu adapter la machine à l'utilisation agricole, prévue à la base pour travailler sur des pistes enneigées.

Tout d'abord, au niveau des chenilles, en recoupant les barrettes en aluminium sur la hauteur pour éviter l'arrachement du sol en tournant dans les champs et sur la longueur et pour ne pas être hors gabarit sur les routes, lors du transport avec le porte-char. «Pour déplacer la dameuse, on a une remorque 10 t à 4 roues, avec un essieu tournant devant et un essieu fixe à l'arrière, tractée par un tracteur de 150 chevaux» précise Dorian Bretou.

Ensuite, il a fallu mettre en place une prise de force hydraulique pour faire tourner l'épandeur et un support en acier pour renforcer le maintien de cet outil, qui pèse une fois rempli, un peu plus d'1,8 t.

Puis, pour une efficacité optimale d'épandage, un GPS a été installé, avec au préalable l'intervention de l'entreprise Millet, électricité automobiles, pour équiper la machine d'un transformateur, afin de passer du 24 V au 12 V.

«Une semaine de travail en tout et ça en valait la peine. La lame de devant a été retirée, car on en a pas besoin et ça marche très bien», conclut Dorian Bretou.

Corr. Y. Tayac

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