Le Paysan Tarnais 03 décembre 2015 à 08h00 | Par A. Renault

Quelles pistes pour l’avenir de l’élevage bovin viande dans le département ?

La Chambre d’agriculture a tenu sa session vendredi dernier à Albi. A cette occasion, une série de débats sur l’avenir des filières d’élevages a été lancée. Le premier concernait les bovins allaitants.

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- © Eleveurs et élus ont participé à la table.

A l’occasion de la session de la Chambre d’agriculture, qui avait lieu le 27 novembre dernier à Albi, une table ronde intitulée « Quelles pistes d’avenir pour l’élevage bovin viande dans le Tarn ? » a été organisée. Animée par François Orféo, responsable du service bovin viande à la Maison de l’élevage du Tarn, elle a regroupé des éleveurs, mais aussi des élus (Jean-Claude Huc, président de la Chambre d’agriculture, Christian Galzin, président de la Maison de l’élevage et Gilles Turc, président de CERFrance Tarn.

Dans son introduction, le président de la Chambre d’agriculture a précisé dans quel cadre se déroulait cette table ronde. « Il s’agit d’une réflexion lancée suite à la cellule de crise qui s’est réunie autour du préfet, au moment de la mise en place du plan de soutien de l’élevage par le gouvernement. Des participants à cette cellule de crise ont posé des questions sur l’avenir de l’élevage dans le Tarn, aux vues de la conjoncture actuelle. Les inquiétudes sont grandes. »

Voilà donc l’explication du débat lancé sur les filières d’élevage avec les élus de la Chambre d’agriculture réunis en session. Jean-Claude Huc a précisé que le choix avait été fait de commencer par l’élevage bovin viande mais que toutes les filières d’élevage seraient traitées. «Nous engagerons le même travail avec les filières qui voudront travailler sur ce modèle dans les prochains mois, et je pense que c’est indispensable.»

Trois exploitations invitées à témoigner

Pour ce débat, trois exploitations étaient invitées à se présenter et à détailler les leviers mis en place par les éleveurs pour assurer la pérennité de l’activité : qu’il s’agisse des choix en matière de race ou de génétique, d’alimentation, des pistes de diversification ou d’association avec d’autres éleveurs, ou enfin du mode de commercialisation.

Eric Bessière (Gaec de Serene) a lancé la table ronde en présentant son exploitation, sur un troupeau Aubrac, sur la commune de Vaour. Il a expliqué les choix en matière de conduite du troupeau mais aussi pourquoi il a choisi de se lancer dans l’élevage avec la race peu présente dans le département. «Vue la configuration de l’exploitation, la race Aubrac a de nombreux intérêts en matière de rusticité et de facilité de vêlage.» L’éleveur a insisté sur sa volonté de maitriser les charges. Il a préféré un système tout herbe avec 98 ha SAU en totalité en prairies naturelles. Eric Bessière maîtrise ses charges de mécanisation. Il a également voulu diversifier ses débouchés avec de la vente à un groupement et de la vente directe au consommateur.

Bernard Ducros (Earl de la Bouysse) a ensuite présenté son exploitation et sur ses choix en matière de conduite d’élevage. «Je pense qu’il est important d’être acteur à 100% de son métier de l’élevage jusqu’à la commercialisation. Je me suis impliqué dans la SA4R et dans les différents projets de groupe comme le photovoltaïque.» Bernard Ducros est aussi impliqué dans un projet de méthanisation pour valoriser ses effluents d’élevage. L’éleveur met aussi l’accent sur l’entraide. «Nous avons créé une banque de travail sur Monestiés. Il est important d’être solidaires et de rouvrir la porte aux voisins ! la banque de travail est un succès.» Bernard Ducros a également travaillé sur l’autonomie protéique de son exploitation, pour faire baisser les charges.

Gilles Turc, président de CERFrance Tarn a rebondi en notant que pour se lancer dans un nouveau projet pour faire évoluer son exploitation, il fallait partir sur de bonnes bases, «se poser les bonnes questions en terme de consommation et d’attente du consommateur, avoir un projet adapté aux configurations économiques du moment, faire de vrais choix stratégiques.»

A. RENAULT




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Les sujets abordés au cours de la session

A l’occasion de la session de la Chambre d’agriculture, plusieurs sujets d’actualité ont été abordés. Dans son discours d’introduction, Jean-Claude Huc, le président, a détaillé le contexte agricole par production. En productions animales, il a fait un point sur la mise en place du plan de soutient à l’élevage. « Ces mesures, restent anecdotiques par rapport au fonds du problème : les cours, et cela de manière criante en lait, en porc, restent beaucoup trop bas par rapport aux coûts de production. Tables rondes, rencontres, médiations  entre distributeurs, transformateurs et producteurs se succèdent sans changement notoire. C'est tout un modèle d’exploitation à taille familiale qui est menacé et risque de disparaître, du fait de l'absence de volonté de se remettre en cause, de certains acteurs de la filière. »

En grandes cultures, les rendements des cultures d'été ont été corrects grâce, en partie à l’irrigation. «Toutefois, les cours malgré un début de campagne prometteur ont aujourd'hui, du mal à se tenir » a rappelé le président de la Chambre d’agriculture.

L'extension de la zone vulnérable se traduit par une obligation de mises aux normes : comme en 2014, de nombreux éleveurs en 2015 ont déposé un dossier de candidature au titre du PCAE. « Le Tarn est le deuxième département de la région en terme de nombre de dossiers déposés (110 doit 20% de la totalité des dossiers déposés au niveau régional), après l’Aveyron. » Jean-Claude Huc a noté la lourdeur du circuit administratif dans cette démarche.

Sur le dossier Sivens, le protocole transactionnel n’est toujours pas signé. « Quand au projet de territoire, la balle est dans le cas de l’Etat. Sur le terrain, nous continuons à inciter un groupe d’agriculteurs à s’impliquer et à faire des propositions. »

Parmi les autres sujets abordés, au cours du débat avec la salle, la situation du Tarn vis-à-vis de la FCO et l’installation, avec les JA qui s’attendent à une nouvelle année difficile dans ce domaine « à cause du manque d’attractivité du dispositif et des lenteurs administratives. »

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