Le Paysan Tarnais 03 juillet 2009 à 12h15 | Par A. Delaunois

Quels sont les intérêts et les contraintes des couverts végétaux ?

Quels sont les itinéraires techniques qui peuvent être conseillés pour simplifier le travail du sol et implanter des couverts végétaux ?

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Les cultures secondaires, semées entre deux cultures principales, occupent l'interculture dans un objectif agronomique
Les cultures secondaires, semées entre deux cultures principales, occupent l'interculture dans un objectif agronomique - © Le Paysan Tarnais

Suite à une formation intitulée "observer son sol pour mieux le gérer", une réunion bout-de-champs sur les couverts végétaux s'est déroulée en début d'année à Belleserre. Les cuma de Belleserre et de Viviers-les-Montagnes ont été au centre de ces actions, avec l'appui de la chambre d'agriculture. L'objectif est de mieux valoriser les sols pour permettre une agriculture plus durable : réduire les intrants tout en visant des rendements élevés. Le sol était une préoccupation centrale ; mais ce n'était pas le seule. Quels sont les itinéraires techniques conseillés pour simplifier le travail du sol, pour faire des couverts ou du semis direct ? Pour améliorer les sols et réduire le travail du sol, de plus en plus d'agriculteurs essaient les couverts végétaux. Cette technique est très nouvelle, et personne n'est sûr de la maîtriser. D'où l'intérêt de cette rencontre chez Philippe Marc à Belleserre qui fait des couverts d'avoine depuis deux ans. La visite s'est prolongée chez Michel Régis sur un couvert de féverole à Lempaut. Les échanges ont montré des pratiques très variées qu'il était intéressant de comparer.

Un couvert végétal, qu'est que c'est ?
Ce sont des cultures secondaires, semées entre deux cultures principales, destinées à occuper l'interculture dans un objectif agronomique et environnemental.
Ces couverts sont parfois récoltés comme fourrage (ou culture ?), mais ce n'est pas l'objectif principal.
Les autres termes utilisés sont les engrais verts, les cultures intermédiaires, les Cipan (culture intermédiaire piège à nitra-te).

Pourquoi faire des couverts ?
Les agriculteurs qui ont choisi de faire des couverts ont des objectifs très divers selon les situations :
- Ils limitent la battance, le ruissellement et l'érosion : la présence de végétation réduit fortement ces 2 phénomènes en comparaison à un sol laissé nu. En semis direct ou très superficiel, cet effet se prolonge sur la culture suivante.
- Ils évitent la compaction des sols nus, grâce au travail réalisé par les racines du couvert. En système semis direct (arrêt total du travail du sol, les couverts sont alors fortement conseillés, voire indispensables ? ).
- Ils favorisent la vie du sol : l'activité biologique du sol est dopée par la présence de végétation : micro-organismes, vers de terre, carabes, ....
- Ils augmentent la matière organique du sol : la matière végétale du couvert (racines + parties aériennes) nourrit le sol.
- Ils peuvent enrichir le sol en azote ou en soufre : un couvert végétal à base de légumineuses (N) ou de crucifères (S) permet d'alimenter le sol et la culture suivante.
- Ils retiennent les éléments fertilisants du sol : ils sont absorbés par le couvert qui les remet ensuite à disposition des cultures suivantes, évitant leur perte par lessivage ou leur blocage par le sol.
- Ils fixent les pesticides et activent leur dégradation grâce à l'activité biologique du sol.
- Ils diminuent le salissement : un couvert "étouffant" réduit le développement des adventices et facilite le désherbage.
- Ils apportent de la biodiversité et permettent d'allonger la rotation. Un choix de couverts judicieux permet de diversifier les familles de plantes sur une parcelle et participe ainsi à casser les cycles de certains ennemis des cultures. Les risques de maladies et de parasites sont réduits.
- Ils favorisent le développement de la faune sauvage : les couverts offrent gîte et nourriture à la faune sauvage.
- Ils augmentent la portance des sols et facilitent l'épandage des engrais de ferme (fumier et lisier).
- Ils créent un mulch : lorsque le couvert n'est pas enfoui en profondeur, il contribue à la création d'un mulch en surface du sol qui favorise la vie du sol, diminue l'évaporation de l'eau et empêche la formation d'une croûte de battance.
- Pour les éleveurs, les couverts peuvent-être un apport occasionnel de fourrage (avoine, vesce...).

En bref
Les contraintes des couverts : les couverts sont un nouveau système de culture qu'il faut apprendre à connaître. Il peut entraîner un coût supplémentaire si la semence est chère ou si l'on augmente les passages pour le travail du sol. Une technicité importante est aussi nécessaire pour obtenir certains résultats recherchés : plus de rendement et moins de charge. Ceci demande donc du temps. De nouveaux outils sont parfois très utiles pour réaliser ces nouveaux itinéraires techniques (semoir avec disques ouvreurs, chasses mottes rotatifs, semoir de semis direct...). Ces outils ne sont pas forcément disponibles. Enfin, les couverts sont plus faciles à implanter et à détruire en système de semis direct. Or, les semis direct sont actuellement peu développés. Le couvert végétal est ainsi une technique prometteuse, mais qui demande encore beaucoup de mises au point pour une efficacité optimale.

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